Un 1er mai pas comme les autres

Cette année, manifester le 1er mai avait une symbolique toute particulière. Par la proposition de loi de Gabriel Attal, le gouvernement a tenté de briser cette journée internationale de lutte pour les droits des travailleurs et travailleuses. Leur objectif n’était absolument pas de « permettre aux boulangeries et fleuristes d’ouvrir », mais bien de permettre aux boulangers et fleuristes de faire travailler leurs employé·e·s en cette journée symbolique. En ettet, le 1er mai est le seul jour férié qui est obligatoirement chômé (toutes entreprises et catégories confondues). C’est à ce symbole que la droite néolibérale s’est attaquée cette année, en prenant comme prétexte l’ouverture des petits commerces.

Ne nous y trompons pas : il s’agissait là surtout de permettre aux grandes enseignes d’ouvrir, poussant plus d’un million d’employés à travailler. Attal n’avait qu’un souhait, mettre un pied dans la porte pour l’ouvrir complètement l’année prochaine. Lecornu l’a lui même reconnu le 14 avril à l’Assemblée, le texte proposé par la macronie déliquescente et toujours plus néolibérale, balayait large et permettait même aux filières industrielles du commerce d’ouvrir le 1er mai.

Quels que soit la taille du commerce ou le type de commerce, dans le rapport de force qui existe entre les salarié·e·s et le patronat, il est rare d’être volontaire pour travailler un jour normalement férié : cela se fait par nécessité, pour gagner un peu plus et arrondir les fins de mois, ou pour ne pas être mal vu du patron et subir plus tard des horaires encore plus pénibles que d’habitude. Augmentez les salaires largement et durablement, et on verra bien combien de volontaires seront alors encore là !

La loi permettait déjà aux commerçants, artisans et indépendants de travailler ce 1er mai. Ce qui est interdit, c’est de faire travailler les autres, ce faisant de renforcer toujours plus le lien de subordination entre patrons et salarié·e·s. Pour la droite et l’extrême droite aux ordres des milliardaires qu’ils servent, aucun jour ne doit s’opposer à l’accroissement de leur fortune. C’est donc bien pour les gros et non les petits que Gabriel Attal et le gouvernement agit encore.

Bien que la loi ne soit pas passée, le gouvernement, par la prise de parole de Sébastien Lecornu, a demandé aux inspecteurs et inspectrices du travail à ne pas sanctionner boulangers et fleuristes qui feraient travailler leurs employé·e·s ce 1er mai. Quand le gouvernement n’arrive pas à casser le 1er mai par la loi, il encourage les patrons à sortir de la légalité ! Dit autrement, la macronie appelle à ne pas respecter la loi de la République et à ce que les fonctionnaires chargés de faire respecter le code du travail y dérogent également. Ce fait politique, appeler à ne pas respecter la loi est un marqueur d’un parti politique extrémiste, d’un extrême, au même titre que de dire que « l’Etat de droit, ça n’est pas intangible, ni sacré ». C’est une élément de plus prouvant que la macronie a basculé dans l’extrême centre. C’est bien ces partis extrémistes, antirépublicains qui sont aux ordres des plus riches que La France Insoumise combat politiquement.

Cette année, nous avons toutes et tous crié·e·s haut et fort que le 1er mai n’est pas à vendre ! Cette journée de lutte fut instaurée en 1889 pour obtenir la réduction de la journée de travail à huit heures. Depuis lors, elle demeure le symbole de toutes les luttes sociales passées, présentes et à venir. Des luttes pour vivre dignement de son travail, pour ne pas se tuer à la tâche et pour un temps libre bien mérité. Alors, à Lunel comme dans bien d’autres villes de France et du monde, nous étions là, aux côté d’une centaine d’autres personnes, et nous avons battu le pavé et nous continuerons tant qu’il le faudra !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut