Faux semblants démocratiques

Il y a quelques jours s’est tenu le premier conseil municipal régulier depuis l’installation de la nouvelle équipe municipale.

Un des enjeux de la dernière élection municipale a été la faible participation au scrutin : 48% d’abstention, c’est alarmant !

Dans ce contexte, il est essentiel de favoriser la participation des habitantes et habitants de Lunel à tous ces moments de démocratie que doivent être les conseils municipaux.

C’est malheureusement tout le contraire qui est fait par la mairie actuelle : ce 7 avril 2026, la séance du conseil municipal a tourné à la mascarade démocratique.

Le mépris en chiffres

À Lunel, pour cette majorité hybride soutenue par le PS et les LR, qui a même plusieurs fois gouverné ensemble y compris avec certains membre d’opposition d’extrême droite, le calcul est simple : la survie politique passe par l’entre-soi.

Déjà, sur l’horaire : qui peut venir un jour de semaine de 17h à 19h? Les salarié·e·s sont tout simplement évincé·e·s de ce moment politique important pour Lunel soit plus de 9 000 personnes.

Ensuite, sur le choix de la salle. La salle du Conseil municipal, située à la Mairie, est bien trop petite : la majorité de l’espace est réservé aux 35 élus, aux agents municipaux et à la presse.
Pour les 26 380 Lunelloises et Lunellois, il ne reste que des miettes c’est à dire 20 places, soit une place pour 1300 personnes. Dit autrement, seuls 0,075% des citoyens et citoyennes pouvaient réellement assister au 1er conseil municipal régulier…

La démocratie n’est pas un privilège

Ce soir-là, l’image était frappante : des citoyennes et citoyens serré·e·s, certain·e·s contraint·e·s de rester debout voire de s’assoir par terre. Ces conditions étaient indignes pour tenter d’écouter les décisions qui impacteront leur quotidien, ceci durant plus de 2 heures.
Les autres arrivant plus tardivement, notamment celles et ceux finissant leur journée de travail ou d’étude sur Montpellier ou Nîmes, au rythme de l’arrivée des TER, sont restés littéralement à la porte. Et ils ont été nombreux comme ça, s’intéressant à ce qui se passait à la Mairie, en ne pouvant que juste passer la tête au dessus des personnes debout à la porte d’entrée, et en repartant quasiment aussi tôt. Ce fut le cas notamment pour plusieurs jeunes. Quel dommage !
En choisissant cet horaire, et en choisissant cette salle, et donc en limitant à 20 personnes seulement le nombre de places assises, la nouvelle équipe municipale pour son second conseil municipal a montré son vrai visage : celui d’un pouvoir qui craint le regard du peuple.
Pourtant, durant le premier conseil municipal d’installation du 28 mars qui s’est déroulé dans la salle Georges Brassens, déjà de très nombreuses personnes étaient restées debout par manque de chaises. La nouvelle équipe municipale a donc pu le constater : les Conseil municipaux intéressent les gens. Or elle n’a pas pour autant anticipé la délocalisation de la séance du 7 avril 2026 dans une salle adaptée à l’envergure de notre ville. Rappelons le, Lunel est la 5ème ville de l’Hérault en nombre d’habitant·e·s.
On ne peut que constater que la municipalité actuelle organise délibérément l’exclusion populaire sans qu’aucun élu de la majorité, ou même de l’opposition, ne condamne cette situation en séance.
Doit-on en conclure que cet entre-soi convienne bien à tous ces élu·e·s ? Probablement.

L’opacité du jargon

Pour les quelques personnes ayant réussies à se frayer un chemin pour assister au conseil municipal, cela devient une expérience étrange et déconcertante.
Le jargon et les acronymes utilisés constamment, un ordre du jour qui n’est pas projeté, des questions de l’opposition qui semblent plus être là pour rappeler leur meilleure connaissance des dossiers que pour faire avancer le sujet, l’absence de débats et de fond politique et les votes qui se suivent avec invariablement les mêmes résultats. Tout porte à croire qu’il s’agit ici d’un exercice réservé à une poignée d’initiés. Là encore un autre choix pourrait être fait pour expliciter, expliquer et s’assurer que les habitantes et habitants aient toutes les informations pour pouvoir suivre et comprendre les décisions qui sont prises.
Pour tout vous dire, une seule intervention de l’opposition a semblé être un peu travaillée, toutes les autres étaient plates et sans vision politique.
Une question reste pour nous sans réponse : comment le PS peut-il se revendiquer du progrès social tout en cautionnant, aux côtés des LR, une telle entrave au contrôle citoyen ?

Nous demandons la transparence

Pour La France Insoumise, la politique n’est pas l’affaire de quelques technocrates ou notables. C’est l’affaire de toutes et tous.
Il existe pourtant une solution simple pour que l’ensemble des habitant•es puissent suivre les conseils municipaux : les enregistrer et les diffuser en ligne. Nous avions notamment porté cette proposition dans notre programme.

De nombreuses mairies ont déjà opté pour cette solution, à quand Lunel? D’autant plus que nous avons la chance d’avoir une chaîne de télévision locale à Lunel, TV Lunel, avec qui un partenariat pourrait rapidement et facilement être mis en place, au moins le temps que les équipes municipales puissent s’organiser pour mettre en place une régie audiovisuelle publique municipale au service de la ville mais aussi des évènements lunellois et des associations lunelloises.

Nous avions proposé dans notre programme aux dernières élections municipales de réserver un temps de parole aux habitantes et habitants de Lunel lors de chaque conseil municipal. Ce temps pouvait être l’occasion de porter une pétition, de questionner, d’apporter un nouvel éclairage, de faire expliciter jargons et acronymes.

Bref, de faire vivre la démocratie locale.

Nous réaffirmons ici que c’est une démarche essentielle afin que chacun et chacune se réapproprie la politique de sa ville, s’y implique, s’y intéresse. Que c’est un autre outil pour faire reculer l ‘abstention.

La France Insoumise Lunel rappelle que la publicité des débats est un droit et que c’est même le socle de la démocratie locale : ce n’est en aucun cas une concession de la mairie.

Aussi nous demandons :

  • Le déménagement systématique des conseils dans des salles de grande capacité (telle que la salle Georges Brassens) car l’intérêt public l’exige.
  • La retransmission vidéo intégrale et en direct pour garantir l’accès à l’information ce qui est rendu explicitement possible par l’Article L2121-18 du CGCT.
  • De projeter lors des conseils municipaux l’ordre du jour ainsi que les documents discutés pour une meilleure compréhension.

La démocratie ne se joue pas à huis clos. Le peuple n’est pas un invité, il est le souverain.

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